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Découvrez l’histoire des martyrs verts

    Sommaire :

    1- Des martyrs d’un nouveau type : les ermites ou anachorètes de l’Antiquité

    2- Vivre en ermite dans le désert pour se rapprocher de Dieu

    3- Un précurseur du mouvement anachorète ou érémitique : Saint Antoine le Grand ou Saint Antoine du désert

    4- Les nombreux ermites du Moyen Âge

    5- La diffusion du modèle érémitique en Occident

    6- La vie quotidienne de l’ermite

    7- L’exemple d’un ermite et de son influence : l’histoire de Saint Émilion

    8- Dans la deuxième moitié du Moyen Âge, le développement des recluseries

    L’histoire de la chrétienté a été marquée dans les premiers siècles par celle de ces martyrs qui ont souffert pour défendre leur foi en Jésus et en son message. On connaît surtout les martyrs du Ier du IIe et du IIIe siècle à l’époque où les paroles du Christ était vu comme un danger par l’empire Romain. Ces martyrs qui ont souffert dans leur corps au nom de leur foi ont été appelés martyrs rouges en référence au sang versé.

    L’encyclopédie catholique identifie également les martyrs blancs, ceux qui sont persécutés pour leur foi et les martyrs verts qui choisissent le jeûne et les privations pour se rapprocher de Dieu. Ces derniers préfèrent généralement des lieux austères et de solitude pour vivre pleinement leur foi.

    Aujourd’hui, nous nous pencherons sur ces martyrs verts qui se sont répandus dans l’Antiquité mais dont le mouvement a également perduré sous d’autres formes au Moyen Âge.

    Des martyrs d’un nouveau type : les ermites ou anachorètes de l’Antiquité

    Le terme anachorète est le synonyme scientifique du mot ermite. Il signifie littéralement en grec « se retirer », « aller à l’écart ». Il est surtout utilisé par les chrétiens d’Orient.

    Vivre en ermite dans le désert pour se rapprocher de Dieu

    Après les martyrs des premiers siècles, apparaît une nouvelle manière de s’identifier au Christ : il s’agit de s’éloigner de la société dans des conditions de vie particulièrement difficiles. C’est surtout en Égypte au IIIe siècle que cette pratique se répand.

    Dans les Actes des apôtres, un mode de vie communautaire regroupant de nouveaux chrétiens est décrit. Parallèlement, la recherche de l’isolement pour se rapprocher de Dieu conduit certains à de nouvelles expériences. Dans ce contexte, l’érémitisme se propage en Orient à partir du IIIe siècle. Le berceau de ces nouvelles pratiques apparaît principalement dans le désert égyptien.

    Dans la Bible, le désert a un statut particulier : Moïse, Elie et le Christ lui-même ont vécu dans le désert afin de rencontrer Dieu. Jésus s’y est retiré pour résister aux tentations du monde pendant quarante jours.

    De même, dans les évangiles, le Christ invite ses disciples à abandonner biens matériels et attaches familiales.

    Le renoncement et la mise à l’épreuve sont les fondements d’un nouvel ascétisme qui permet à la fois de résister à toute tentation mais aussi d’affronter la souffrance.

    Le but de ce sacrifice est de vivre dans la pauvreté et l’inconfort physique mais aussi de s’éloigner des tentations. Peu à peu, ce mode de vie basé entièrement sur la méditation et la souffrance est reconnu par l’église comme un moyen de se rapprocher du Christ. La chasteté est également encouragée par celle-ci.

    Ce style de vie provoque dans l’Antiquité un véritable engouement. Des ermites célèbres comme Paul de Thèbes et Antoine le Grand au IVe siècle font un exemple qui attire. Ces ermites sont considérées comme de saints hommes et on se déplace jusque sur leur lieu de retraite pour les visiter, les consulter, s’imprégner de leur sagesse.

    Ces hommes sont souvent des moines qui après avoir vécu en communauté choisissent de s’isoler davantage pour se rapprocher encore de Dieu. La fuite dans le désert est aussi un moyen d’échapper aux dernières persécutions pratiquées par les empereurs romains entre 250 et 303 contre les chrétiens du Nord de l’Afrique.

    A partir du IVe siècle, l’église devient une institution et c’est donc aussi une nouvelle manière de souffrir pour Dieu que de se tenir à l’écart. En effet, peu à peu la religion chrétienne devient la religion dominante.

    Un précurseur du mouvement anachorète ou érémitique : Saint Antoine le Grand ou Saint Antoine du désert

    Antoine est un jeune homme riche et propriétaire terrien en Haute-Egypte. Il est tourmenté par la question de son salut et entre dans une église où il entend l’évangile du jeune homme riche. Persuadé que cette coïncidence lui donne le chemin à suivre, il distribue sa fortune et ses terres aux pauvres. Puis il se retire dans le désert de Thébaïde en Égypte où il commence à mener une vie d’ermite.

    Pendant plus de 20 ans, il subit les attaques du démon sous forme de bêtes sensuelles où féroces. Ces récits ont donné naissance aux « Tentations de Saint-Antoine ». Peu à peu, la connaissance de son mode de vie se répand et des disciples le rejoignent. Pour eux, il organise une vie commune. C’est la raison pour laquelle Saint Antoine est considéré comme « le père des moines ». Il meurt en 356.

    Les nombreux ermites du Moyen Âge

    La diffusion du modèle érémitique en Occident

    C’est en Irlande que le mouvement de l’érémitisme égyptien a eu le plus de succès. En effet, le climat rigoureux de la région permet aux moines recherchant le sacrifice de vivre une vie rude loin du confort et des tentations de la vie en société.

    Au début du IVe siècle, la religion chrétienne et ses dogmes ne sont pas encore tout à fait fixés. L’arianisme, fondé par Arius est vu comme l’église par un danger pour le christianisme. Alors que le conflit n’est pas encore tranché, le moine Anastase s’exile en Occident. Il y fait connaître les pratiques des ermites, notamment grâce à La vie de Saint Antoine. 

    Saint Martin, évêque de Tours est attiré par ce mode de vie et pratique l’érémitisme pour se rapprocher au maximum de la vie des apôtres. Les préceptes de Saint Martin ont inspiré les ermites du Haut Moyen-Âge. Saint Patrick, au milieu du IVe siècle évangélise l’Irlande où il répand à son tour le modèle de vie monastique.

    La vie quotidienne de l’ermite

    La plupart du temps, les moines ermites vivent dans de simples cellules édifiées contre le mur d’une église. Dans les cas les plus extrêmes, le moine est emmuré dans sa cellule après qu’une messe des morts aie été dite pour lui. Il reçoit le sacrement de la communion, de la nourriture et de l’eau par une petite ouverture dans sa cellule pratiquée à cet effet.

    Ce mode de vie extrême inspirait beaucoup les chrétiens de l’époque. Ils étaient nombreux à se déplacer pour recueillir les conseils de ces saints hommes.

    L’exemple d’un ermite et de son influence : l’histoire de Saint Émilion

    Souvent, les moines suivaient les règles de Saint Benoît. Les moines bénédictins à partir du VIe siècle se sont déployés dans l’ensemble du monde rural. Dès cette époque, on atteste de leur présence dans une bourgade située dans le Bordelais. Un moine Breton nommé Emilion les rejoint et s’installe en tant qu’ermite dans une des nombreuses cavités souterraines du sous-sol. 

    Bientôt, des disciples le rejoignent et s’installent près de lui. Son ermitage devient alors un centre d’évangélisation suivant la règle bénédictine. Parallèlement, le village s’agrandit et devient une ville. Au VIIIe siècle, à la mort de Saint Emilion, on l’enterre dans l’église monolithique de cette ville. Quelques années plus tard, la ville prendra le nom de Saint-Émilion.

    Dans la deuxième moitié du Moyen Âge, le développement des recluseries

    Si jusqu’à présent nous n’avons évoqué que des ermites hommes, les femmes ont aussi participé à ce mouvement de pénitence et d’isolement.

    Au Moyen Âge, chaque grande ville possédait sa recluserie. A Paris, celle-ci était située sur la rive gauche près du cimetière des Innocents. À Bordeaux, la recluserie était située à Saint Ladre dans la paroisse de Saint-Eloi. Les recluses et les reclus étaient perçus comme des « sentinelles spirituelles » chargées de prier pour la cité. Leur prières étaient destinées à protéger la ville de tous les maux de cette époque : guerres, famines, épidémies.

    Cette protection surnaturelle rassurait la population. Il s’agissait souvent de personnes pauvres issues des classes populaires, en deuil ou encore affectées d’une maladie. Ces hommes ou ces femmes déjà pauvres, démunis de tout sacrifiaient leur vie en espérant atteindre le sacrifice suprême et obtenir par leurs souffrances les récompenses célestes promises. Elles ne sortaient de leur cellule qu’à l’état de cadavre.

    Dans ces conditions, les reclus et les recluses ne vivaient pas longtemps mais ils étaient habités par l’utilité de leur souffrance et l’aspiration au sacrifice.

    Si aujourd’hui de telles formes de vies extrêmes n’existent plus, la pratique de l’isolement dans des lieux conçus à cet effet comme les monastères reste un recours pour les chrétiens. Par ailleurs, la souffrance est toujours vécue par certains comme une épreuve aidant à se rapprocher de Dieu.

    Prières pour les martyrs de la chrétienté

    Seigneur Jésus, nous te louons et te remercions pour les martyrs de la foi qui ont donné leur vie pour témoigner de ta vérité.

    Nous te remercions pour leur courage et leur détermination à rester fidèles à toi malgré les persécutions et les souffrances.

    Nous te prions pour que nous puissions suivre leur exemple en étant courageux dans notre propre foi, même lorsque nous sommes confrontés à des épreuves et à des oppositions.

    Aide-nous à être des témoins authentiques de ta vérité, en aimant nos ennemis et en priant pour ceux qui nous persécutent.

    Nous te prions pour les âmes des martyrs, pour qu’ils reposent en paix dans ton royaume éternel.

    Nous te prions pour les chrétiens qui sont encore persécutés aujourd’hui, pour qu’ils soient protégés et réconfortés par ta grâce.

    Amen

    Le blog chrétien catholique du Palais du Rosaire